note mensuelle sur la situation économique du Sénégal

Activité économique nationale du mois d’avril 2016

Baisse de 5,2% de l’activité économique hors agriculture et sylviculture

L’activité économique nationale hors agriculture et sylviculture a connu une baisse de 5,2% au mois d’avril 2016, comparée au mois de mars. D’après le point mensuel de conjoncture de la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE), cette contreperformance est due à la chute des activités des secteurs primaire et tertiaire.  Au cours du mois d’avril 2016, le secteur primaire (hors agriculture et sylviculture) s’est légèrement contracté de 0,9% en variation mensuelle. Ce résultat est attribuable aussi bien au sous-secteur de l’élevage (-0,8%) qu’à celui de la pêche (-1,5%). Par rapport à la même période de l’année dernière, l’activité dans le secteur primaire hors agriculture et sylviculture s’est repliée de 1,5%, en avril 2016, reflétant les faibles résultats de l’élevage (-0,2%) et du sous-secteur de la pêche (-6,0%).

Chute de 11,2% du  secteur tertiaire

Dans cette même tendance, durant le mois d’avril 2016, le secteur tertiaire des services a connu aussi une baisse spectaculaire en se contractant de 11,2%, comparé au mois de mars dernier. Ce faible résultat est du  aux contreperformances notées dans les transports et télécommunications (-19,3%), les services financiers (-23,2%), les activités immobilières (-18,1%) et les services d’hébergement et restauration (-19,0%). Comparativement à la même période en 2015, une consolidation de 2,5% de l’activité est enregistrée dans le secteur tertiaire, au cours du mois d’avril 2016, essentiellement portée par le commerce (+4,8%), les transports et télécommunications (+2,1%) et les services financiers (+1,5%).

Hausse de 0,7% de l’activité du secondaire

Cependant, contrairement aux secteurs primaire et tertiaire, le secondaire a sauvé l’honneur. Au mois d’avril 2016, l’activité dans le secteur secondaire s’est améliorée de 0,7%, en variation mensuelle. Cette situation reflète, principalement, les bons résultats enregistrés au niveau de la construction (+4,7%), des conserveries de viande et de poissons (+19,1%), de la fabrication de matériaux de construction (+6,9%) et des industries chimiques (+17,4%). A l’inverse, des contreperformances sont relevées dans les activités extractives (-13,6%), la fabrication de produits céréaliers (-9,5%), la fabrication de produits en caoutchouc (-29,6%) et la production de corps gras alimentaires (-83%). Sur un an, une progression de 9,2% de l’activité du secondaire est enregistrée au mois d’avril 2016, essentiellement portée par les activités extractives (+34,3%), la production d’énergie (+14,6%), la fabrication de matériaux de construction (+12,5%) et la construction (+5%). Toutefois, des contreperformances ont été enregistrées dans la fabrication de produits céréaliers (-10,3%), la fabrication de papier et de carton (-23,1%) et la production de corps gras alimentaires (-77,6%).

Sous un angle global, comparé à 2015, une croissance de 4,4% de l’activité économique hors agriculture et sylviculture est notée en avril 2016, essentiellement tirée par les secteurs secondaire (+9,2%), tertiaire (+2,5%) et de l’administration publique.

Baisse de 1,8% de l’emploi salarié

En outre, concernant l’emploi, en fin avril 2016, l’emploi salarié du secteur moderne s’est replié de 1,8%, en variation mensuelle. Cette baisse est expliquée par les pertes nettes d’emplois enregistrées dans le secteur secondaire (-3,6%), aussi bien au niveau des industries (-4,0%) que dans les BTP (-0,9%). Les effectifs du secteur tertiaire ont, en revanche, légèrement augmenté de 0,4% en liaison avec les services (+0,6%). Sur un an, l’emploi salarié dans le secteur moderne a connu un bond  de 4,3%, au mois d’avril 2016. Cette hausse des effectifs est portée par le secteur tertiaire (+7%), avec des progressions respectives du nombre de salariés de 7,7% et 5% dans les services et au niveau du commerce. Le secteur secondaire a aussi observé une hausse de ses effectifs de 2,1% imputable aux industries (+3%). Toutefois, il est noté une baisse de 4% de l’emploi salarié dans les BTP.

Baisse  de 0,6% du prix de la consommation

Le prix de la consommation est marqué par une baisse remarquable selon le dernier point mensuel de conjoncture rendu public par la direction de la prévision et des études économiques (DPEE).

Au mois d’avril 2016, les prix à la consommation sont ressortis en baisse de 0,6% en rythme mensuel. Ce repli est principalement expliqué, par les produits alimentaires et boissons non alcoolisées (-0,8%). Sur une base annuelle, le niveau général des prix à la consommation a augmenté de 0,7%, en avril 2016, en liaison avec  les renchérissements respectifs des céréales non transformées (+1,6%), de la viande de bœuf(+7,2%), du poisson frais (+17,8%) et des services sanitaires (+1,3%)

Pour sa part, l’inflation sous-jacente (hors produits frais et énergétiques), au mois d’avril 2016, s’est située à  -0,4% sur une base mensuelle et à +0,4%, en glissement annuel. En termes d’origine, les prix des produits importés comme ceux des produits locaux ont diminué de 0,7% en variation mensuelle, durant le mois d’avril 2016. Comparativement à la même période de 2015, un recul de 1,8% des prix des produits importés est noté contre un renchérissement de 1,6% des produits locaux.                                    

Hausse de 0,3% du taux de change effectif réel

Durant le mois de mars 2016, on a constaté que  la compétitivité de l’économie sénégalaise s’est renforcée de 0,3% en variation mensuelle. Cette situation  s’explique selon la direction de la prévision et des études économiques par la  dépréciation du franc CFA par rapport aux monnaies des pays partenaires (-0,3%), conjuguée à un différentiel d’inflation favorable (-1,5%). Vis-à-vis des principaux partenaires membres de la zone UEMOA, des gains de compétitivité de 1,1% sont aussi notés en rythme mensuel, en raison du niveau favorable des prix intérieurs. Par rapport aux principaux partenaires membres de la zone euro, le différentiel d’inflation favorable a également induit des gains de compétitivité de l’ordre de 1,4%, comparativement au mois précédent. En revanche, en glissement annuel, la compétitivité de l’économie nationale s’est détériorée de 0,3%. Cette situation est imputable à l’appréciation du franc CFA (+3,6%) par rapport aux monnaies des pays partenaires, amoindrie par un différentiel d’inflation favorable (-3,3%). En moyenne sur les trois premiers mois de 2016, des gains de compétitivité de 0,5% sont relevés par rapport à la même période de 2015, sous l’effet d’un différentiel d’inflation favorable (- 3,0%), toutefois, atténué, par l’appréciation du FCFA (+2,5%) par rapport aux monnaies des principaux partenaires.

Baisse de  2,1% des exportations

En avril 2016, on note une baisse des exportations de biens qui sont estimées à 129,5 milliards au mois d’avril 2016 contre 143,8 milliards le mois précédent, soit une baisse de (-14,4 milliards). Cette situation s’expliquerait essentiellement, selon la DPEE au repli des ventes à l’étranger de produits alimentaires (-10,8 milliards), d’or brut (-6,1 milliards) et d’acide phosphorique (-4,1 milliards). En revanche, les exportations de ciment ont enregistré une progression de 1,3 milliard sur la période.

Au titre des exportations de produits alimentaires, la baisse observée est liée principalement avec le recul des ventes à l’étranger de produits arachidiers (-10,2 milliards) et de légumes frais (-2,5 milliards), atténué par la hausse des ventes à l’étranger de produits halieutiques (+1,9 milliard). En glissement annuel, les exportations de biens se sont repliées de 2,1% (-2,8 milliards), au mois d’avril 2016, sous l’effet de la diminution de la valeur des ventes à l’étranger d’acide phosphorique (-7,3 milliards), de produits alimentaires (-5,4 milliards) et de produits pétroliers (-2,9 milliards). Les exportations de ciment ont, pour leur part, enregistré un léger repli de 0,9 milliard. Quant aux exportations d’or brut et d’engrais minéraux et chimiques, elles ont respectivement progressé de 1,6 milliard et 0,4 milliard sur la période. Au total, la valeur des exportations de biens s’est améliorée de 28,7 milliards, en cumul sur les quatre premiers mois de 2016, pour se situer à 521,4 milliards contre 492,6 milliards un an auparavant. Cette situation est liée principalement à l’accroissement des exportations d’or brut (+14,9 milliards), de produits alimentaires (+11,9 milliards) et d’acide phosphorique (+7,4 milliards). En revanche, les valeurs des ventes à l’étranger de produits pétroliers et de ciment se sont repliées, respectivement, de 27,1% (-12,5 milliards) et de 5,7% (-2,2 milliards) sur la période.

Chute de 9,9 % des importations

Pour leur part, les importations de biens ont connu une baisse au même tire que les exportations. Elles sont passées de 238,6 milliards au mois de mars 2016 à 215,1 milliards au mois d’avril 2016, soit une baisse de 9,9% (-23,5 milliards). Ce repli reflète, essentiellement, la diminution de la valeur des achats à l’étranger de produits pétroliers (-28,0 milliards), de produits pharmaceutiques (-2,3 milliards) et de « véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles » (-2,0 milliards). En par contre, une augmentation de la valeur des importations est observée, principalement, au niveau des produits alimentaires (+10,8 milliards ou 26,1%) et des « machines, appareils et moteurs » (+4,4 milliards ou 13,2%.

En cumul sur les quatre premiers mois de 2016, les importations de biens sont évaluées à 895,8 milliards contre 940,3 milliards un an auparavant, soit une baisse de 4,7% (-44,5 milliards) imputable essentiellement aux produits pétroliers (-65,1 milliards). En revanche, des hausses ont été observées dans les importations de produits alimentaires (+11,9 milliards), de « machines, appareils et moteurs » (+11,4 milliards) et de « véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles » (+1,0 milliard) sur la période. Concernant les importations de biens en provenance des pays de l’UEMOA, elles sont évaluées à 5,8 milliards au mois d’avril 2016 contre 6,7 milliards le mois précédent, soit une baisse de 0,9 milliard.

Mobilisation suffisante des ressources et une hausse des dépenses au mois d’avril

Il ressort du point mensuel de conjoncture du mois d’avril 2016, que les Finances Publiques sont constituées principalement des recettes budgétaires pour 554,2 milliards, des dons évalués à 45 milliards et des ressources FSE pour 9,8 milliards. L’augmentation des ressources est due en grande partie aux recettes fiscales (540,1 milliards) qui ont connu une hausse de 9,6% à la faveur de l’accroissement des impôts directs, notamment l’IR et l’IS, de la TVA ainsi que des recettes sur le pétrole. En effet, l’impôt sur le revenu (104,4 milliards) et l’impôt sur les sociétés (56,1 milliards) se sont raffermis respectivement de 15,4% et 5,3%. Concernant les taxes intérieures, la TVA hors pétrole s’est améliorée de 10,6%, passant de 72,5 milliards à 80,2 milliards. Il en est de même pour les recettes pétrolières, notamment le FSIPP (48,4 milliards) et la taxe spécifique (22,1 milliards) qui ont augmenté respectivement de 28,1 milliards et 4,4 milliards. Les raisons qui expliquent cette accélération résultent de la hausse de 15,3 % des investissements combinée au relèvement de 20,1% des dépenses courantes. Ainsi, s’agissant des dépenses en capital, les investissements financés sur ressources internes se sont confortés de 21,1 milliards (+11%) pour s’établir à 213,6 milliards tandis que ceux sur ressources extérieures, évalués à 126,1 milliards, se sont inscrits en hausse de 23,8 milliards (+23,3%). Quant aux dépenses courantes, la progression est portée, essentiellement, par les autres dépenses courantes, les intérêts sur la dette publique et la masse salariale qui ont respectivement progressé de 35,8%, 18,4% et 2,5% pour s’établir à 277,4 milliards, 52,2 milliards et 183,4 milliards. Concernant la dette, les charges d’intérêt se répartissent sur les composantes intérieure et extérieure pour respectivement 15,7 milliards et 36,5 milliards.

Ainsi, en dépit des fortunes diverses des secteurs de notre économie, le point mensuel de conjoncture du mois d’avril 2016 dénote une croissance de l’activité économique interne de 6,3% en glissement annuel, au premier trimestre de l’année 2016.